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Georgette Tavé vue par les critiques d'art
 

Venise Le Rialto

Venise - Le Rialto

Quelque chose d'essentiel nous a été révélé, qui a pour toujours transfiguré les apparences. On connaissait les dons de coloriste de Tavé, mais voyez-vous, c'est un prestidigitateur qu'il faut aussi saluer.

Jean-Marie TASSET Le Figaro -29 juillet /997

Audaces

Chaque monde nouveau créé par un artiste renouvelle notre vision du monde.

Proust a longuement rêvé sur ce paradoxe. Tavé nous fait aussi porter des lunettes magiques, d'abord notre vue se brouille, nous ne reconnaissons pas cet univers dans la symphonie chromatique qui nous est proposée.

Mais bientôt tout s'ordonne et s'éclaire, l'accommodation s'est faite à notre insu et tout Venise, tout ce décor réel qui nous semblait si familier, ces palais, ces canaux, se construisent subtilement en rythmes chromatiques et en vocalises lumineuses.

Le peintre Tavé exprime toute sa rigueur dans la construction de ses natures mortes où les objets trouvent leur place entre magie et méticulosité.

On aurait tort de croire que cette peinture est arbitraire.

Rien n'est plus calculé, plus savant, plus raisonné que ces audaces.

 

Une peinture du bonheur. Georgette Tavé continue à nous enchanter et nous entraîne sur ses traces picturales empreintes d'une richesse colorée qui lui est personnelle. Une œuvre édénique, sensuelle, qui s'est faite l'héritière de maîtres illustres comme Bonnard ou Matisse. La peinture, c'est aussi représenter la vie palpitante qui sourd de la toile, transcrire en termes simples l'enchantement visuel.

Ses toiles de Venise et ses natures mortes témoignent à nouveau de sa technique comme de sa composition toujours maîtrisée à partir des grands rythmes ordonnateurs.

Venise  La Salute

Venise La Salute

Si elle se plaît parfois à bousculer la perspective, dans une mise à plat japonisante, elle développe un chromatisme lumineux tout en osant des taches pures posées l'une contre l'autre ; des audaces de couleurs pour parvenir à un accord formel et coloré.

Tout prend sa place naturellement, s'harmonise grâce à sa connaissance instinctive des possibilités picturales. Ce langage figuratif met en exergue l'essentiel. Une effusion de la matière dense, charnue se fait complice des harmonies les plus ardentes.

Lydia Harambourg Gazette de l'Hôtel Drouot 2 octobre1998

Tavé, la vie en roses Ses natures mortes ne méritent guère leur nom, tant la peau du citron, épaisse et renflée, attire l'œil et le goût d'un même élan, tant les roses souples exhalent l'été captif de la toile, tant la haute cafetière bleutée _joue les duègnes sur le damier de la nappe.

Composition à l'ananas

Composition à l'ananas

Une tasse rose, une soupière verte, un tissu aux fleurs animées comme dans un conte d'enfant, une assiette de fruits qui se pose en équilibre sur une table fuyante et joyeuse, voilà un petit monde heureux où l'harmonie s'impose d'emblée comme une divine surprise.

Jean-Marie Tasset Le Figaro /3 février J996

Nature morte au tissu Bayadère

Nature morte au tissu Bayadère

"je n'aime pas les femmes maigres, ce n'est pas pictural" - ce jardin de Tokyo a la lumière assourdie, ce dessin de Coco Chanel qui allait devenir un très célèbre portrait fauve (dans les deux sens du terme) qui ne flatta guère "Mademoiselle". "Souverbie disait toujours : "Ne faites pas joli !

Un portrait, c'est un caractère !". Celui de Coco Chanel apparat sans fard. "Sans le vouloir... C'est sorti comme ça. Elle était un peu cadavérique, toujours ces roses autour de son chapeau, le visage pointu comme son caractère. " Quand l'artiste a prêté le portrait pour une exposition à Tokyo, les Japonais faisaient la queue dehors pour voir ce petit minois dur comme le succès."

Valérie Duponchelle Le Figaro 20 octobre 1998

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Ce jardin de Tokyo a la lumière assourdie,

Valérie Duponchelle 1998

Coucher de soleil sur le pont japonais  du New Otani  Tokyo

Coucher de soleil sur le pont japonais du New Otani Tokyo

Dans ses portraits, dans sa série de jazz ou dans ses paysages des années 50, elle simplifie la toile comme certains simplifient leur vie.

Du premier plan jusqu'au dernier, son regard perçoit les plus fines distances entre les valeurs, entre les tons.

Ses personnages comme ses paysages ont alors le blanc du teint livide des salles de première urgence et des traînes virginales des robes de mariées. Les surfaces des toiles brûlent de feux lents. Le gris est une couleur, en doutiez-vous ?

 

Jean-Marie Tasset Le Figaro /3 février J996

 

 

 

 

 

1966 Composition sur le Jazz

 

1966  composition sur le Jazz

Et puis, soudain, la peinture s'empourpre d'un faste fauve. Tavé invente une nature si incandescente que les jardins du midi de la France comme ceux du Japon s'enfièvrent en une ovation haletante. Les arbres, les fleurs, les ruisseaux, les fruits, s'échauffent, s'enflamment, en jaunes sortilèges, en bleus impubères ou en roses bohémiens...

Jardin méditerranéen au cap Martin

Jardin méditerranéen au Cap Martin

 

L'imagination flamboyante du peintre se déploie le long d'un alphabet de soleil et vient illuminer notre morosophie quotidienne. Il y a en Georgette Tavé, souvent de l'alchimiste.

Jean-Marie Tasset Le Figaro /3 février J996

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